OCTAVE MIRBEAU, L’ENRAGE

De tous les amis intimes de Sacha Guitry, Octave Mirbeau occupe une place particulière, une place de choix. Sans doute Sacha est-il impressionné par le courage de cet homme passionné, ce pamphlétaire de choc,  véhément jusqu’à la violence, féroce à la limite de la cruauté.

Si Guitry est du champagne, Octave Mirbeau, lui, est un alcool fort. La séduction de Guitry relève de la caresse, celle de Mirbeau du poing dans la gueule.

Sacha aimait citer ce mot de Jules Renard au sujet d’Octave Mirbeau : « Mirbeau se lève triste et se couche furieux. »

Ce que Guitry confirme : « Et c’était vrai. Triste, il l’était à son réveil en pensant aux injustices qui allaient se commettre – furieux en se couchant, il l’était de ne pas les avoir toutes réparées. Il faut avouer d’ailleurs que cet état d’indignation dans lequel il vivait favorisait singulièrement ses éclats magnifiques. « .

Ecoutons aussi  l’écrivain Albert Adès évoquer ce maître de la véhémence :  » Tout ce qui pensait, tout ce qu’il aimait, tout ce qu’il voulait étant nouveau, il ne parvenait à l’imposer qu’à force de violenter l’esprit rétrograde qui s’opposait à lui ».

Merveilleux Mirbeau qui découvrit  Van Gogh, Gauguin et Camille Claudel. Il  signala leur génie à ses contemporains tristement moutonniers et incroyablement aveugles. Zola dira de lui qu’il est «  Le justicier qui a donné son cœur aux misérables et aux souffrants de ce monde ». Et, enfin, relisons « Le Journal d’une femme de chambre », « Les affaires sont les affaires », « Le jardin des supplices ». Ses mots incendiaires continuent de nous chauffer le coeur.

 

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