LETTRE AU SOLEIL

Cher Soleil,

Que deviens-tu ? On ne te voit plus. A force de roupiller dans tes oreillers de nuages, nos relations ont pris un coup de froid. C’est bien dommage. Pourtant, question chaleur, tu en connais un rayon.  Alors quoi, on fait la gueule ?  Si c’est le cas,  tu es raccord avec ce que je vois.  Ici, à Paris, tout le monde fait la gueule. Bien sur, cela n’est pas nouveau mais cela reste pénible. Ah,  Paris !  L’océan des dos voûtés, l’empire des cernes, le cimetière des clowns !  Ah, non, ici,  on ne danse pas sous la pluie. Personne ne crève les flaques d’un coup de semelle en rigolant.  Mieux vaut pas, d’ailleurs. La personne qui s’y risquerait se ferait  immédiatement embarqué. Vigipirate n’aime pas les comédies musicales.

Cher Soleil, cher vieux salaud, tu nous manques.  Et surtout aux  touristes.  Mets toi à leur place. Aller à Versailles et visiter la demeure du roi-soleil sous une pluie battante, cela frise l’arnaque,  le Code pénal.

Cher soleil,  tu as beau te planquer,  je te vois pourtant. Ou plutôt, je te devine. Tu es dans le ventre de l’amoureux qui va à son premier rendez-vous, tu es dans le litre de vin du clochard qui te boit à petites gorgées, tu es dans cette assiette fumante et parfumée d’une cuisine thaï. Mais bon, c’est autre chose.

Nous,  on préfèrerait te voir « pour de vrai », comme disent les enfants.

Bon, tu arrives ?

Bises

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