BUSTER KEATON OU LE SOURIRE DE LA SOLITUDE

C’est un document terrible, tourné au Canada en 1964, deux ans avant la mort de l’artiste. Buster Keaton écoute le metteur en scène, Gérald Potterton lui indiquer ce qu’il attend de lui.

Salieri dirigeant Mozart.

Mais Buster Keaton écoute.  Dans ses silences, ses hochements de tête, on devine rapidement combien gagnerait le film en intensité et en force comique s’il était lui-même aux commandes. Après les prises de vue, il s’en ouvre à la caméra venue faire un reportage sur lui.  Sans acrimonie. L’époustouflant génie est résigné. Il honore son contrat en bon professionnel. Mais il sait.

L’âge d’or du cinéma burlesque est loin, tellement loin ! Le burlesque ? Il en donnait cette définition : «La surprise en est l’élément principal, l’insolite notre but, et l’originalité notre idéal.» Concision incroyable.

Buster Keaton, acteur, scénariste, réalisateur,  était un mathématicien du rire, un maître de l’espace et du rythme,  un orfèvre du travelling. Il disait :  »  Quand on avait un bon début, on cherchait une bonne fin. On savait que le milieu viendrait de lui-même.  » 

Lui qui débuta à l’âge de quatre ans tourne donc ici son dernier film muet. Un film médiocre de 25 minutes, vague prétexte pour découvrir les jolis paysages canadiens. Alors qu’il pensait souffrir d’une simple bronchite, un cancer du poumon l’emporte en quelques jours, le 1er février 1966. Il avait confié : «  Je souhaiterais être mis en terre avec un jeu de cartes et un chapelet afin d’être prêt à toute éventualité… « 

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