RENÉ DE OBALDIA, L’ANARCHISTE ÉLÉGANT

René de Obaldia, magnifique monsieur, adolescent de 98 ans ! Il fut ma première grande émotion théâtrale grâce à Jacqueline Bellido, femme généreuse,  admirable autant qu’admirée, et professeure d’art dramatique à Pau (profitons-en  pour la saluer et lui dire que nous sommes nombreux à l’aimer, c’est important…)

René de Obaldia, acrobate du verbe, malicieux, iconoclaste et rigoureux, nous prend par la main avec un verbe ciselé comme un diamant et tranchant comme lui. Chez lui, le cocasse, sinon l’absurde,  est le véhicule naturel qui conduit à l’émotion poétique. Chacune de ses pièces est un passeport pour un chemin heureux, une destination improbable, un rire salvateur.

Il faut lire ses pièces, les voir sur scène, les applaudir. Son œuvre agit comme un médicament-copain.  S’il n’écrit plus aujourd’hui depuis la mort de sa femme, le doyen de l’Académie Française, lucide,  sait que la fin du voyage est proche : « En soi, la mort ne me fait pas peur. Me revient le mot de Cocteau : « La mort ? Mais j’y suis habitué ! J’étais mort si longtemps avant de naître. ». Et puis il y a la boutade de Jean Paulhan : « La mort ? Pourvu que j’arrive jusque-là ! ».

Dans ce reportage tourné dans une librairie belge en 1967, ne vous fiez pas à ces airs de grand bourgeois un peu pincé. René de Obaldia est un anarchiste élégant, un dynamiteur d’hypocrisies. Chacune de ses pièces est une petite bombe à fragmentation. Mais oui.

Son interview  est entrecoupée d’ extraits de « Du vent dans les branches de Sassafras » avec Rita Renoir. Régal !

 

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.