LES SCÈNES CULTES : « Le jour se lève »

Prenez un bouquet de talents rares, assemblez-les et laissez  frémir. Tout dans « Le jour se lève » (1939) est admirable. Jacques Prévert signe des dialogues éblouissants dont le temps, (78 ans après !) n’a pas émoussé la force.

Marcel Carné, sobre et précis, laisse Gabin, Berry, Arletty et tous les autres acteurs s’emparer de ce film extraordinaire.

Cette oeuvre est unique à plus d’un titre. La chronologie du récit d’abord. Il s’agit d’un long flash-back d’une heure vingt, ce qui est alors une première dans l’histoire du cinéma. Alexandre Trauner prête sa poésie à des décors époustouflants  et le compositeur Maurice Jaubert habille l’atmosphère du film avec une musique délicate et grave.

Voici la scène de la confrontation entre Berry et Gabin.

Valentin (Jules Berry), personnage visqueux et diabolique,  ne supporte pas que deux de ses protégées soient amoureuses de François (Jean Gabin), ouvrier sableur. Valentin affabule. Il annonce alors une pseudo paternité avec un aplomb étourdissant. Il faut regarder son oeil d’aigle quand il débloque ainsi. Inquiétant.

Le Front Populaire est passé par là : Gabin se fâche non quand son rival  évoque une fois encore le sort de Françoise, l’amoureuse en partage,  mais quand Berry ose dénigrer tout à coup sa condition et son travail d’ouvrier.

Rencontre au sommet entre deux acteurs-cathédrales :

 

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