GEORGES PEREC NOUS DIT DES CHOSES

Georges Pérec publie en 1965 « Les choses », roman génial couronné par le  Prix Renaudot. Trois ans avant 1968,  l’écrivain dénonce avec subtilité la société de consommation qu’il voit grandir comme une tumeur.

Il n’y a pas encore eu de roman, de récit, qui présente les personnages vivant à l’intérieur de cette société, soumis à la pression du marché. C’est cela mon livre » expliquait Pérec.

De quoi parle ce roman sociologique ?
Jérôme, vingt-quatre ans, et Sylvie, vingt-deux ans, sont enquêteurs  pour des instituts de sondage. Toute la journée, ils questionnent des anonymes : « Pourquoi les aspirateurs-traîneaux se vendent-ils si mal ? Que pense-t-on, dans les milieux de modeste extraction, de la chicorée ? Aime-t-on la purée toute faite, et pourquoi ?… »  Derrière ces questions, des industriels et des publicitaires qui vont créer du désir pour  ces « choses ».

En possédant ces « choses », les possédants sont, en fait, des possédés, soumis à de multiples désirs qu’ils croient naturels. Comme le flot des objets se renouvelle sans cesse, ils vont d’une insatisfaction à une autre, sans cesse frustrés de ne pas posséder le « dernier cri ».  Le désir commande, impérieux. Au point d’oublier de vivre.

« Jérôme et Sylvie ne croyaient guère que l’on pût se battre pour des divans Chesterfield. Mais c’eût été pourtant le mot d’ordre qui les aurait le plus facilement mobilisés. » écrit Pérec.

Artiste magnifique, roman génial dont la pertinence est, on le voit, d’une extraordinaire modernité… A propos, à quand le nouvel I phone  ?

FABRICE LUCHINI EN VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT

Luchini et sa tête de truite ahurie.. Le voici dans une sobriété de jeu  bienvenue. Le comédien s’empare de la langue de Céline et nous balade dans un « Voyage au bout de la nuit » quasiment nouveau. Il semble habité par son rôle de récitant. Qu’il est bon, cet air vicié ! Les subtilités de la langue apparaissent, les personnages prennent vie. Et nous restons scotchés.

En 1988, Arte eut la bonne idée de faire une captation de ce spectacle. En voici un extrait :