LETTRE A LA MUSIQUE 

Chère Musique,

Comment traduire ce plaisir fantastique ? Tu t’introduis par les oreilles, ruisselle en nous et cascade dans nos entrailles. Tes éclaboussures de notes font mouiller nos yeux. D’autres fois, « quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle » ces mêmes notes font un petit pull-over à notre cœur refroidi. Magique.

Et nous voici, tout à coup, à Arcueil. Nous sommes les doigts de Erik Satie devant son piano, nous devenons aussi  le médiator de Hendrix et le complice de ses viols électriques. Nous habitons la corde vocale de Morrisson, la basse sucrée de McCartney. Nous buvons l’encre des partitions. Et nous rentrons dans les orages de Ludwig, les saisons d’Antonio, le bain de Wolfgang. Nous sommes partout, en Autriche, à l’Olympia, au Madisson Square Garden. Nous voici devenus mieux que des supers héros : des supers vivants ! Adieu les fâcheux, les lâches, les tièdes, les éteints, le tiers provisionnel !

Chère Musique, je t’ai volé en disque, en k7, en cd. Ben oui, j’étais fauché. Et malin. J’avais collé les pages d’un livre d’Histoire et creusé un logement capable d’accueillir deux K7. Qui songerait à fouiller un livre d’Histoire ?  Une maman-amie m’avait aussi cousu une poche kangourou dans mon manteau. Les 33t y glissaient merveilleusement. A l’heure du cd, je portais une bague avec une lame de cutter en guise de pierre précieuse. Cela me permettait de découper avec précision le sticker  électronique fixé sur le disque. J’empochais ensuite  l’objet tranquillement. Aucune honte, jamais. En volant la FNAC et les grandes surfaces, j’avais l’impression de me rembourser.

Chère Musique, tu es mon oxygène.  Indispensable. Je t’aime comme la vie.


4 réponses sur “LETTRE A LA MUSIQUE ”

Laisser un commentaire