LETTRE AUX GROS MOTS

Chers gros mots,

Putain, que je vous aime !

D’abord, je trouve que vous n’êtes ni gros, ni minces, ni petits, ni joufflus, ni rien. Vous êtes surtout efficaces !

Chers gros mots, vous êtes les munitions de l’insulte, un raccourci pour bien se faire comprendre. Allons plus loin. Vous êtes le péage de l’impatience,  la gastro de l’amabilité, l’uppercut de la politesse !

Avec vous, tout devient facile.

Inutile de cambrioler Baudelaire pour faire comprendre à son interlocuteur qu’il est un sombre connard. De même, pourquoi puiser chez Mauriac ou Lautréamont  pour enfienter l’autre et le repeindre couleur merde  ? 

Chers gros mots,  c’est votre point faible, vous n’avez aucune musique en vous. Vous êtes une grosse caisse, ni un violon, ni un piano. Et vous êtes aussi la cause de plein de malentendus.

Ainsi, je considère qu’une salope n’est pas forcément une femme méchante ou une femelle torride ou encore une calculatrice. Pour moi, une salope est une erreur à ovaires, la rature d’une feuille qui se croit vierge.

De même, un enculé n’est pas nécessairement un adepte de la sodomie. Un enculé (généralement, on dit un « gros enculé »… ) est un nuisible, une blatte humaine qu’il convient d’écraser.

Traiter un con de con,  c’est peut-être lui ouvrir les yeux et donc, quelque part, lui rendre service.

Chers gros mots, je vous utilise régulièrement. Dans ma cartouchière, on trouve : chier, glander, naze, plouc, gueuler, pisser etc.

Le mot « cul » figure parmi mes préférés. Il est un mot à part, un mot qui m’émeut, un mot qu’ont voudrait toucher !

3 réponses sur “LETTRE AUX GROS MOTS”

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