LETTRE AUX SONDAGES

Chers Sondages,

Vous êtes un thermomètre dans l’anus de la démocratie. Allez-y doucement, je vous prie : vous allez finir par contrarier ses hémorroïdes. Vous abusez de notre mansuétude pour mieux nous étourdir. Comme le boucher à l’abattoir.

Mais pour qui vous prenez-vous ?  Une vérité ?  Allons donc, vous n’êtes qu’un pet foireux qui se croit vent libertaire. Il est vrai que les journaux vous mettent en Une et que souvent vous triomphez.  Soyez lucide. Vous n’êtes qu’une rustine de l’information quand l’info se dégonfle,  un misérable trompe-l’œil qui ne trompe plus grand monde.

Rien ne doit vous échapper : le cœur, de cul, le vote… La digestion de vos chiffres provoque des tsunamis de salive. Elle dégouline d’une carte de presse à l’autre jusqu’à noyer le débat.
Beurk !

Chers sondages,  

On vous assène comme une baffe, une preuve. Vous pensez être le pouls de l’opinion, le miroir de nos semblables ?  Détrompez-vous. Vous n’êtes qu’une peau morte, un savon à deux balles qui se prend pour un grand parfum.

Puis-je vous donner un conseil  ?  Ayez donc le courage de votre lâcheté. Oui,  allez quoi, hop, déboutonnez-vous !  Dévissez la cravate ! Puisque vous êtes à peine utile, revendiquez donc votre inutilité !  Allez braconner dans les marécages de l’absurde . Vous y trouverez certainement des animaux de fantaisie. Pour notre plus grand sourire.

 Je vous donne un exemple.

 Pourriez-vous me dire le pourcentage d’ovules fécondés entre 1971 et 1991, en  écoutant Hôtel California, Stairway to heaven ou Angie ?

Vous voyez ? Que du très con. Et ça, vous savez faire, je crois. Allez, encore un effort. Le dernier.

Rien à vous

FV

 

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