LETTRE AUX WC

Chers WC

Trouverez-vous le temps de lire cette lettre ? Vous êtes souvent occupés. Oui ? Cela me soulage. 

Pour parler cabinets, je ne serai pas votre avocat.

Sans vouloir être désagréable, je dois vous dire qu’en France, on vous rend visite avec une certaine appréhension : faut-il enfiler un masque à gaz ? chausser des palmes ? s’injecter préventivement une dose de pénicilline ? Bienvenue à la roue de l’infortune !

Un ethnologue en visite dans vos murs trouverait les traces d’une humanité plurielle : des serviettes signées à l’encre rouge, des tampons sans visa, des feuilles de papier dédicacées… Une cour sans miracle faite d’assassins sans hygiène. 

Paris foisonne ainsi de toilettes suspectes, où il ne fait pas bon laisser tomber quelque chose par terre. Les narines sont à la fête. On y étouffe. Ah ! si le sous-sol de certaines brasseries pouvait aussi brasser un peu d’air, parfois….Au point, voyez-vous, que le doute nous prend. On s’interroge avant la grande immersion, facon commandant Cousteau. D’ailleurs, ce n’est plus la Calypso d’hier, mais l’Apocalypso now ! Oui, on se demande. Dans de telles conditions, a-t-on VRAIMENT envie de faire ses besoins ?

Chers WC,

Vous êtes un lieu de confession intime, un endroit où l’individu, toujours un peu encombré de lui même, se délivre de ce qu’il avait sur l’estomac et qui lui pesait. Il accomplit ce travail au prix d’efforts très pénibles quelquefois. De ses crispations, en votre qualité de récipiendaire, vous accueillez ses tourments. Vous allégez ce qui est peut-être sa conscience. Vous ne le sauvez pas, non, mais vous le délivrez du mal ! Je vous vois remuer la lunette, un peu incrédule. Admettez-le avec aisance : vous êtes le Saint-Siège des prières secrètes et c’est bien chez vous que l’on évacue le mieux les affres de la création.

Chers WC,

Vous êtes aussi, je vous le dis, un mini zoo où les salmonelles sont en embuscade. Vous abritez une faune grouillante. Pour elle, vous êtes comme un club de vacances, une petit coin un peu tristouille, un éden sale où les éclaboussures sont des douches collectives et les trous dans les murs des logements sans lumière. Disons-le : vous êtes une zone qui fout le cafard.

Si l’entrée des brasseries et bistrots parisiens se faisaient par les WC, la plupart des établissements feraient faillite, faute de clientèle. On me dit que j’exagère, que des efforts sont réalisés, que l’hygiène revient etc. Mouais. 

Pour moi, cela est une fausse nouvelle. Et qui me laisse sceptique. 


  

REISER CROQUE LA PLAGE

Reiser à la plage. Reiser sans crème solaire ni parasol mais avec un feutre et du papier. Ses outils de travail pour croquer celles et ceux qui se dorent la pilule un peu par désœuvrement. RIEN n’échappe à l’œil-scalpel de cet artiste-chirurgien.  Il fait l’autopsie de ce petit monde qui grouille autour de lui avec l’acidité qu’on lui connait. Passionnant.

Ah, comme il nous manque  !

GOSCINNY ET UDERZO PRÉSENTENT BIEN

En avril 1966, René Goscinny et Albert Uderzo présentent leur travail respectif à la télévision. Ils ont, comme il se doit, mis en scène leur intervention. Contraintes et avantages de la BD pour raconter au mieux Astérix.  Deux monstres sacrés pour un moment sympathique. Ah ! le sourire malicieux de Goscinny !