LETTRE AUX ÉJACULATEURS PRÉCOCES

Chers Éjaculateurs précoces,

Vous êtes la charité qui se fout de l’hôpital. Ne protestez pas.  Vous êtes un ascenseur bloqué au rez de chaussée, un apéritif de l’amour quand on attendait un repas, un pétard mouillé quand on souhaitait un feu d’artifice.

Mais oui. Arrêtez de hausser les épaules.

Rendez-vous compte. On ne vous a pas vu partir que vous êtes déjà arrivé. Tu parles d’un voyage ! Et la beauté du panorama, alors ? Le souffle du vent ? Les pauses dans les petites gares ? La pluie sur les vitres  ? Le plaisir de retarder le terminus ? Non ? Jamais ?

Vous me faites penser à un lendemain d’élection présidentielle, à l’heure où il convient de tenir ses promesses. Plus personne ! Dans votre genre, chers éjaculateurs précoces, vous êtes une publicité mensongère.

Vous avez tort de sourire. Vous ne souffrez pas  de la situation,  sinon, vous consulteriez et, sans doute, les choses s’ arrangeraient. Vous niez le problème et faites payer à l’autre votre insuffisance. Vous méritez la Légion d’horreur.

Je crois vos ravages immenses et durables. Pardon ? Votre orgueil ? Mais, enfin, si votre orgueil est blessé, que dire de celui de votre partenaire ? Y avez vous seulement songé ? Pour elle, c’est un court-joie. 

Bien entendu, vous avez le droit à l’erreur mais, tout de même, tant d’erreurs à la suite,  n’est-ce pas une faute ? 

Pardon ? Qu’est-ce que vous dîtes ?  » On a vu souvent rejaillir le feu de l’ancien volcan qu’on croyait trop vieux ? » C’est n’importe quoi ! Vous n’êtes ni impuissant ni poète !  La panne ? Ah, non ! Ne me faites pas ce coup ! Cela n’a rien à voir non plus. Vous savez très bien qu’il existe des voitures neuves qui tombent en panne au sortir du garage. Cela n’est qu’une affaire de rodage. En général, tout finit par s’arranger.

Avec vous, rien de tel.

Soyez honnête. Dès les premières mesures du bal, la fête est déjà finie. L’orchestre remballe sa clarinette. EDF coupe les lampions. Déceptionne ! Mettez vous donc un instant à la place de votre partenaire. Elle pensait voyager en première classe direction Les Maldives. La voici sur le quai du métro Pantin, un jour de grève.

Vous comprenez maintenant ?

Au moins, déjà, vous ne souriez plus.

 

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