LETTRE AU CHOCOLAT

Cher Chocolat,

le dictionnaire indique que tu es un nom commun masculin. Erreur. Tu es féminin, singulier et pluriel. Pluriel parce qu’il suffit de respirer tes multiples arômes pour s’en convaincre. Un plaisir majuscule. Singulier parce que ton pouvoir apaisant et consolateur reste un mystère. Féminin parce que rien qu’ en prononçant ton nom, la pupille des femmes s’illumine d’étoiles. Oui, tu es féminin depuis la nuit des temps. C’est bien simple : depuis Adam et Fève.

Tu es la gourmandise, le 7ème des péchés capitaux. Ce chiffre, déjà, évoque un ciel bien-aimé. Mais il faut aller plus loin et fouiller davantage dans le maquis des mots pour délivrer ton érotisme.

Tant pis pour les peines à jouir, mais celles et ceux qui te dégustent évoquent une longueur en bouche, un caractère agressif ou fruité ou amer ou lacté. Jardin des délices quand tu exploses sur la langue ! Les ganaches de la morale en sont pour leur frais.  Avec toi, pas de pudeur. Le censeur est en panne.

Tu es à la fois une pâte molle et une drogue dure. Tes dealers de supermarchés nous fournissent en poudre. Et dès le matin, nous prenons notre dose.  Cravate ou pas, tu es un pyjama de sucre sur notre langue.

Cher Chocolat, on l’aura compris, ton pouvoir de séduction est immense.  Les hommes bedonnants gagneront l’indulgence de leur copines en leur offrant de tes tablettes.  Ces mêmes fées iront boire à une  fontaine de chocolat faute d’avoir une rivière de diamants.

Mais cette acceptation féminine n’est qu’un leurre, une couverture.

Pauvres hommes,  pauvres truffes nappés de bons sentiments !  Les voici cuits.  Ayant craqués, ils sont croqués.

Et restent toujours chocolat.

 

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