LE CASTING DE BELMONDO

En 1964, Jean-Paul Belmondo se plie  à l’exercice d’un casting pour de faux pour les besoins de la télévision belge.  L’acteur, fameux déconneur, semble prendre plaisir  à cet exercice imaginé par le journaliste Sélim Sasson.

A noter que Bébel, au moment de cet enregistrement, a déjà joué dans plus d’une trentaine de longs métrages avec Godard, Verneuil, Carné, Melville etc …

Belle leçon de charme et d’autodérision. Les jeunes acteurs  d’aujourd’hui -plus ou moins talentueux- gagneraient à s’inspirer de cette simplicité bon enfant..

LETTRE AU CLITORIS

Cher Clitoris,

comme ce nom te va bien,  comme il est joli !  Il évoque un fruit discret caché dans les broussailles, une baie sauvage à marée haute. Tu aimes les mots caressants et les gestes tendres.  Ton sourire humide fait perler des larmes de bonheur. On glisse sur tes reliefs pour mieux exploser en mille couleurs.

Encore faut-il te connaître… ou te reconnaître.

Depuis cette rentrée 2017,  et pour la première fois en France, tu es  entièrement représenté dans un manuel scolaire.  Ah !  j’espère que désormais tout le monde va se précipiter au cours de SVT (Sciences de la Vie et de la Terre)  pour faire ta connaissance ! Avec une tel sujet, impossible de sécher, n’est-ce pas  ?

Ton plaisir est si intense, si généreux que tu fais  jouir aussi la langue française.

Quel régal ! Chez les végétariens-coquins, on te surnomme la cerise, la fraise, la framboise, le flageolet, le haricot, la lentille. Chez les gourmands, tu es l’amande,  le berlingot, le bonbon, la praline, le bouton rose, la friandise, la sucette. D’improbables poètes évoquent  la perle, le bouton d’amour, le petit marin du bateau, la rose des prés ou carrément… le starter.

Cher Clitoris,

à ma connaissance, seul Léo Ferré a su chanter l’étroite maison où tu loges. Comme quoi, il n’est pas besoin d’être marquis pour être divin.

Cette blessure
Où va ma lèvre à l’aube de l’amour
Où bat ta fièvre un peu comme un tambour
D’où part ta vigne en y pressant des doigts
D’où vient le cri le même chaque fois
Cette blessure d’où tu viens

Cette blessure
Qui se referme à l’orée de l’ennui
Comme une cicatrice de la nuit
Et qui n’en finit pas de se rouvrir
Sous des larmes qu’affirme le désir

(Léo Ferré/ Cette blessure)

Tout à l’heure,  j’évoquais les élèves qui, certainement, vont, en nombre,  se rendre au cours  pour faire connaissance avec ta subtile géographie. A la réflexion, je me dis que rien n’est moins sûr. Faudrait-il encore qu’ils soient animés d’une vraie curiosité. Aux choses de l’amour, les hommes, souvent, restent des glands !