LETTRE A JACQUELINE BELLIDO

Ma chère Jacqueline,

Le hasard nous conduit à rencontrer des êtres particuliers. Ils colorient notre présent et orientent notre futur. Rien à voir avec les anonymes que nous croisons chaque jour, ces indifférents tristouilles et maussades qui sont parfois,  hélas, le papier-peint de nos vies.

Avec toi, Jacqueline, tout est encore différent.

Ta présence bouleverse les certitudes. Tu es une avocate du bonheur,  une publicitaire de la vie. Tu as la force de l’évidence.  Une force contagieuse. Ton talent dérange les calendriers. Ton sourire  fissure les doutes . Tu distribues tes certitudes comme d’autres des friandises. Et les nuages noirs s’éloignent enfin.

Il faudrait aussi parler de ta voix, précise comme une flèche, de tes yeux-lasers qui fouillent l’âme de ceux que tu regardes, il faudrait évoquer ton côté foutraque, désorganisé, cette éternelle provoc aux choses établies, comme un doigt d’honneur à  l’échéance.

Tu sais domestiquer l’inattendu. Avec toi, la clim est en panne,  les cravates font la gueule, les cons s’évanouissent, l’improbable est certain.

Les gens te croient comédienne, professeure de théâtre et metteuse en scène dans la région de Pau.  Je pense, moi,  que tu es  avant tout une formidable accoucheuse. Une passage-femme. Tu révèles aux autres un talent qu’ils ne se soupçonnaient  pas.  Tes mots aspirent les maux et grâce à toi, nous respirons mieux.

J’ai été ton élève.

C’était il y a presque longtemps.

Avec d’autres apprentis-comédien (es) tu nous recevais le vendredi soir au sous-sol de ta maison sans maître. Aux étages vivaient deux lucioles magnifiques, tes filles,  et puis un petit bonhomme, beau a inspirer Saint-Ex. Ton fils. Il y avait aussi un ogre gentil qui frappait  le plancher en grondant. C’était Jean-Claude, ton mari, le papa des lucioles et du petit bonhomme. Nous faisions trop de bruit.  Il réagissait à sa manière.

Que de souvenirs dans ce sous-sol coloré !  Aujourd’hui encore, ils  « palpitent là, comme une petite bête ».

Tu nous apprenais à placer notre voix,  à  découvrir des auteurs. On riait, on déconnait,  mais attention !  on ne jouait pas pour s’amuser. Et puis un jour, grâce à toi, nous sommes montés sur scène. Nous avons été applaudis.  Des éclaboussures de bonheur.

Je viens d’apprendre que tu te lances dans une nouvelle aventure « RaconThé à la menthe » à Lescar. Tu vas, une fois encore,  rencontrer le succès. C’est certain. Tu vas illuminer ton entourage. J’espère que ton public est conscient de la chance qu’il a d’être à tes côtés.

Tu es bien mieux qu’une star, mieux qu’une étoile.

Tu es une âme magnifique.

Et je t’embrasse.

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