ABÉCÉDAIRE EROTIQUE

Amour :  en avoir pour être

Baiser : antichambre


Cernes : virgules du plaisir 


Désir : eusophage  central


Érection : lever de bouclier


Fellation : tour de bises


G : point qui reste à éclaircir 


Homos : entre soi


Infidèle  : fidèle à soi-même  


Jouissance : apéritif d’éternité 


Kamasoutra : bande dessinée 


Lèvres (petites) : sourire mouillé 


Mamelon : îlot d’un océan pacifique 


Nymphomane : vos désirs font désordre 


Orgasme : incendie volontaire


Partouze : transport en commun 


Quéquette  : pistolet à moustache 


Reins : chute indolore


Seins : globes-trotteurs 


Sodomie : porte d’entrée d’une sortie


Titiller : agacement prometteur


Usiner : travail de fond 


Vénus :  démons et merveilles


Waouh (!) : lever de rideau


X : film avec queues et têtes


Yeux : bavards silencieux 


Zézette : épouse X

LETTRE A DIEU

Cher Dieu,

je viens de trouver ton mail. Je t’écris donc en priant le ciel, chez toi, pour que mes mots ne finissent pas dans ta corbeille, parmi les spams et autres fichiers pornos.

Je te sais très sollicité.  Malgré tout,  je veux croire que tu m’accorderas une miette de ta légendaire bienveillance .

Tu admettras que mes dernières sollicitations remontent à loin. Très loin.

J’avais dix ans et je te priais de faire crever mes parents. Tu devais être occupé. Ils sont toujours vivants.

Quelques années plus tard, amoureux fou d’une fée gentille, je t’implorais dans le silence de la nuit pour que cet amour survive au temps qui passe. Tu devais dormir. La belle, depuis, s’est mariée avec un gendarme !

Aujourd’hui, sans vouloir te commander, pourrais-tu te bouger le cul et inventer quelques bricoles ?  Au gré d’une éclaircie dans ton emploi du temps, merci donc d’imaginer :

  • un logiciel, type Google Maps, pour retrouver les amours perdus
  • un logiciel, type Skype, pour parler avec nos disparus
  • Une gomme de clown pour effacer les larmes des tout-petits
  • Un visa courte durée, non renouvelable, pour les maladies longue durée (non valable pour les dictateurs et autres salopes)
  • Un bâton-Moïse pour écarter la méditerranée et sauver les migrants.
  • Un crédit à 0%, taux fixe, pour toutes les choses de l’amour

Tout cela n’est pas grand chose pour un gaillard comme toi.  Et merci de ne pas invoquer un éventuel manque de pognon pour accomplir ces miracles. Une piste : la Bible s’est bien vendue. Va donc récupérer tes droits d’auteur !

A bientôt ?

Bien des choses.

 

 

 

 

LETTRE A GÉRARD DEPARDIEU

Cher Gérard,

Dans l’Obs de cette semaine, tu déclares : « Je peux écouter Brel parce que c’est théâtral et que ce n’est pas très bon. Je peux écouter Ferré, parce que c’est nul, à l’exception, disons, des poèmes d’Aragon qu’il a mis en musique… »

Merci à toi.  Ce jeudi 5 octobre 2017, tu lèves mes doutes. Je sais maintenant que tu es un très gros con.

Fidèle à ta provoc de beauf-buffle, tu dézingues à tout va : Elvis Prestley, Bill Halley, Eddie Cochran, Johnny Hallyday qui tous ne relèvent, selon toi,  que d’ « une soupe dégueulasse ».

Oui, tu nous ouvres les yeux.

Écraser, détruire, lâcher de gros  étrons sur les autres..  Mettre une majorité de bourrins dans sa poche et envelopper le tout avec des rires gras en guise de papier-cadeau. Le talent.

Une méthode sans doute héritée de ton copain Poutine. A moins que ce ne soit celle de « ton ami », le président de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, deux démocrates, deux grands incompris selon toi.

Pour mémoire, le premier « couvre » le harcèlement judiciaire, les emprisonnements arbitraires et l’exil, voire l’assassinat de personnalités. Le second a lancé une campagne de répression contre les personnes homosexuelles ou considérées comme telles. De sales pédés et gouines qui seraient traqués, arrêtés et torturés dans les geôles secrètes du régime. Bien fait pour eux, hein ?

Aux droits de l’Homme, tu préfères le doigt de l’Homme. Le majeur. C’est un choix.

On dira : « Mais quel rapport entre ces artistes et ces hommes politiques ? » Il y en a un. C’est le discernement. Tu es désormais incapable de faire la part des choses.  Tu écrases tout avec ta délicatesse bovine. Tu continues de jouer ce personnage grotesque qui veut nous persuader qu’il est resté  un aimable funambule, un poète tonitruant « à vif, »  « à fleur de peau ».

Qui est dupe ?

Mais enfin, voyons, ouvre donc les yeux ! Les gens qui viennent t’applaudir aujourd’hui le font pour saluer la légende, voir la bête de près, humer tes postillons d’alcoolique, respirer ta sueur malsaine.  Du fétichisme. Pour les plus lucides, il y a belle lurette que l’artiste ne va plus très fort (et ce mot rime avec mort.)

Cher Gérard,

je t’ai croisé deux fois et je dois dire que la chose est restée inoubliable.

La première, c’était dans un restaurant chic avenue Montaigne, à Paris. Ta table était toute proche de la mienne. Impossible de t’ignorer. Tu te foutais bruyamment de la gueule de Georges Cravenne, le créateur de la cérémonie des César.  Il était là. Tu gueulais à son endroit :  « Ah ! Mais quoi ? Qu’est’ce qu’il dit, là,  le vieux? «  Tes compagnons de fourchette se régalaient. Pensez donc ! Un scandale pour eux tout seuls ! Et moi je regardais Georges Cravenne. Il semblait  peiné. Et j’étais un peu triste pour lui.  Attaquer ainsi publiquement un homme âgé, c’est pas terrible, terrible, tu sais..

La seconde fois, c’était un dimanche. Tu étais devant l’Assemblée nationale.  Sanguin, tu faisais des moulinets avec tes bras comme on le fait pour chasser des mouches. Tu semblais exaspéré par tout. Et j’ai changé de trottoir.

Pourquoi s’en prendre aujourd’hui à Brel et surtout à Ferré « le nul » ?  Mais qui es tu pour parler ainsi ? Et, surtout,  qu’es tu devenu ? Tu attaques deux hommes qui ne sont plus là pour te répondre. Tu conchies deux œuvres. Et ces deux poètes-là étaient deux soleils. Ils continuent de réchauffer des âmes esseulées.

Vois-tu, entre eux,  les soleils ne se font pas d’ombre. Jamais.

Toi, cela fait bien longtemps que tu ne réchauffes plus rien. Plus rien du tout. Mais tu continues à te brûler la gueule avec ton alcool. A chacun ses soleils.

Mes amitiés à « tes amis ».

 

 

 

MASTROIANNI : « Avec Fellini, c’est une blague continuelle ! »

Marcello en 1976 ! Son incroyable simplicité, sa voix, son enthousiasme, son élégance morale…Voici 5mn d’interviews avec son lot de claques : sur les acteurs américains et sur « Holivoud » où « il n’y a même pas de merde par terre… »

Magnifique monsieur irremplacé

LETTRE AUX PERVERS

Chers Pervers

Phrases à double sens, compliments ambigus, pointillés assassins,  reproches souriants, vous tissez votre toile avec tout cela et brouillez  les repères. Sur vos proies, vous soufflez le brûlant et le glacé. Avec l’obstination d’une goutte qui parvient à dissoudre un morceau de sucre, vos victimes s’effondrent doucement.

Ange en public, diable en privé, personne ne les croit quand elles évoquent vos persécutions et la farandole de vos humiliations. Impensable. Comment ! Vous, l’homme si bien, si drôle, si brillant, ce gendre idéal qui humidifie les belles-mères les plus sèches, comment vous imaginer en assassin ? Car vous en êtes un. Vous tuez. A coups de doutes, de manipulations, de culpabilisations.

Et le piège se referme.

Par vos soins, vos victimes sont chaque jour un peu plus isolées. Avec des mots, vous avez construit des murs et les voici perdues dans votre labyrinthe. Quand elles  se regardent dans un miroir, le reflet ne leur montre que des points d’interrogation.

Vos victimes vous dévisagent avec une tête d’animal pris au piège. Vous leur avez siphonné  toute confiance.  Elles peuvent désormais crever. Et parfois d’ailleurs, à moins d’un ultime sursaut, elles crèvent.

Mission accomplie. Pas le temps de se réjouir. Le prédateur que vous êtes est déjà ailleurs.

Sur d’autres proies.

A jamais

 

 

 

LETTRE A BABAR

Cher Babar,

nous nous sommes rencontrés à l’âge où le cœur n’est pas en cuir et où les petits drames du quotidien sont des confidences pour nounours. Tout de suite, tu m’as été très sympathique. J’ai immédiatement goûté ton chapeau melon, ton costard écolo et la vieille dame qui te recueille après l’assassinat de ta maman.

Oui. C’est que ton créateur, Jean de Brunhoff, n’y est pas allé avec le dos du pinceau !

Dès les premières pages, ta mère est tuée par un gros con de chasseur (j’apprendrais plus tard qu’il s’agit là d’un pléonasme). Image atroce. Dans ma mémoire, elle est restée comme une petite cicatrice .

On te voit, éléphanteau, debout sur elle, qui repose sur le flanc. Ta maman est morte.  Le tireur est de dos et s’apprête à vous rejoindre. Tu pleures. En guise de larmes, des petits traits sortent de tes yeux.

Ah ! Comme j’ai pleuré avec toi ! La nourrice qui me gardait, me voyant très affecté,  essaya de me consoler. Elle m’assura que toute cette histoire  était « pour de faux » et que ta maman attendait en fait le départ du chasseur pour se relever. Mon œil ! Mensonge « de grand » !  Tu penses si je m’étais assuré de la chose.  Les pages suivantes, tu errais dans la grande ville, seul , perdu parmi le flot des bagnoles et l’hostilité curieuse des passants.  Mais, au comble de ta peine, miracle, une vieille dame te recueillait. Et avec elle tu reprenais goût à la vie. Résilience chérie.  Est-ce que Boris Cyrulnik a lu tes aventures ?

Or, comme tu étais vraiment très populaire, la télévision décida de faire une série avec toi, une vraie série,  avec des personnages en chair et en mousse. Rien à voir avec ces dessins animés mièvres et  fadasses d’aujourd’hui. Cette série remporta un immense succès. Dès le générique, tous les gamins de France avaient l’œil rond et le souffle coupé :

« Babar, Babar, le petit éléphant

Babar, Babar, est l’ami des enfants

Poli, joli, il promène avec lui

De grandes oreilles qui cachent le soleil.

Verlaine pouvait aller se rhabiller !  Si les enfants avaient pu voter,  tu aurais remporté l’Élysée haut la trompe.

Pour assurer la promotion de cette série, il fut décidé que tu ferais le tour de France pour saluer ton jeune public.  Et c’est ainsi qu’un après-midi mon père me tira tout à coup d’une profonde sieste. Sans que j’y comprenne rien, les yeux encore pleins d’araignées du sommeil, il me prit dans ses bras et dévala les escaliers à toute berzingue.

Dans la rue, un incroyable tintamarre. Une manif de gamins.  Et je te vois. Tu es là, debout devant moi !  Mon Babar ! Et tu me vois aussi. Et le miracle se produit.  Avec ta trompe, tu chatouilles mon ventre !  J’éclate de rire. Je suis au comble du bonheur. Puis tu disparais, emporté par le flot braillard. Tu m’as chatouillé le ventre !

Et je crois bien que cette chatouille est le meilleur souvenir de mon enfance.

 

 

LETTRE AUX IMPOLIS

Chers Impolis,

vous qui m’ éternuez au visage, qui jouez au bowling avec vos crottes de nez, qui ruinez mes repas avec vos cigares, qui ne retenez pas la porte après votre passage, qui faites publiquement l’autopsie de votre couple, qui laissez vos mioches s’étriper dans les jardins,  qui conduisez trop vite, qui enfientez le passé, les enragés du foot, les notaires des rides, les flics du slip, les sexagénaires ados, les comédiens sans texte, les intellectuels sans idées, les journalistes myopes, les faux-généreux, les vrais généraux, les radins sans radis, les zombies du smartphone, les talibans du plaisir, les talibios de l’assiette, les grévistes de la syntaxe, les coupables de tout, les responsables de rien, les névrosés du calendrier, eh bien, simplement….. vous…. me fatiguez !

LETTRE AUX IMPOLIS

Chers Impolis,

vous qui m’ éternuez au visage, qui jouez au bowling avec vos crottes de nez, qui ruinaient mes repas avec vos cigares, qui ne retenez pas la porte après votre passage, qui faites publiquement l’autopsie de votre couple, qui laissez vos mioches s’étriper dans les jardins,  qui conduisez trop vite, qui enfientez le passé, les enragés du foot, les notaires des rides, les flics du slip, les sexagénaires ados, les comédiens sans texte, les intellectuels sans idées, les journalistes myopes, les faux-généreux, les vrais généraux, les radins sans radis, les zombies du smartphone, les talibans du plaisir, les talibios de l’assiette, les grévistes de la syntaxe, les coupables de tout, les responsables de rien, les névrosés du calendrier, eh bien, simplement….. vous me fatiguez !